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Lettres patentes et mission : les frontières invisibles que votre OBNL est en train d’ignorer

par Adama Diop 18 juin 2026
par Adama Diop 18 juin 2026 19 vues Partager
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Table des matières

  • Le document qu’on oublie de relire
  • Ce que vos lettres patentes vous autorisent — et vous interdisent
  • L’objet social comme premier filtre d’admissibilité
  • La dérive silencieuse : comment les organismes sortent de leur cadre
  • Quand modifier ses lettres patentes — et quand s’en abstenir
  • La formulation juste : ni trop étroite, ni trop large
  • Lettres patentes et choix de programmes : la cohérence stratégique
  • Les conséquences fiscales et administratives d’un débordement
  • Quand le cadre vous protège plutôt qu’il ne vous contraint
  • Quand cette lecture ne suffit pas
  • Reprendre la main sur votre cadre fondateur
  • Téléchargez les infographies (référence libre)
  • Méthodologie et sources

Le document qu’on oublie de relire

Demandez à une direction générale d’OBNL si elle peut vous dire, sans aller chercher le papier, quel est exactement l’objet social inscrit dans ses lettres patentes. Dans la majorité des cas, la réponse sera approximative. Une formulation générale, une expression-clé qui revient — « le développement communautaire », « le soutien aux jeunes », « la promotion de la culture » — mais sans les bornes précises qui figurent réellement dans le document de constitution.

Cette imprécision n’est pas un défaut de mémoire. Elle est le résultat normal de la vie d’un organisme. Les lettres patentes sont rédigées au moment de l’incorporation, déposées au Registraire des entreprises, archivées, et oubliées. Personne ne les relit pendant des années. L’organisme évolue, ses activités se transforment, son public change, ses partenaires se diversifient. Et pendant tout ce temps, le document fondateur reste figé dans son texte initial, qui ne reflète plus toujours la réalité de ce que l’organisme fait au quotidien.

Cette dérive silencieuse n’est pas un problème en soi — elle est presque inévitable. Le problème survient au moment où elle rencontre une décision concrète : déposer une demande de financement pour un projet qui sort du périmètre, accepter un contrat de service qui dépasse l’objet social, intervenir dans un secteur qui n’apparaît nulle part dans le texte fondateur. À ce moment-là, les lettres patentes redeviennent ce qu’elles sont vraiment : les frontières légales de votre organisme.

Cet article propose de reprendre la main sur ce document. Non pas pour en faire un sujet juridique abstrait, mais pour comprendre comment il conditionne, à chaque cycle de financement, ce que vous pouvez réellement faire et ce qu’un bailleur peut réellement vous accorder.

Ce que vos lettres patentes vous autorisent — et vous interdisent

Au Québec, la majorité des organismes communautaires sont constitués sous la Loi sur les compagnies, partie III, qui régit les personnes morales sans but lucratif. Le document central de cette incorporation est constitué des lettres patentes, qui définissent l’objet social de l’organisme — la raison d’être pour laquelle il a été créé. Cet objet social n’est pas une formule décorative. Il définit la sphère d’activité dans laquelle votre organisme peut agir légalement.

Tout ce qui s’inscrit dans cet objet est autorisé. Tout ce qui en sort peut, en théorie, être contesté. Cette logique a des conséquences pratiques : si votre objet stipule que vous œuvrez auprès des jeunes, vous ne pouvez pas, légalement, déployer un programme dédié exclusivement aux aînés sans modifier votre charte. Si votre objet définit votre territoire comme le quartier Côte-des-Neiges, vous ne pouvez pas, légalement, intervenir à l’échelle de toute l’île de Montréal sans ajustement formel. Ces exemples paraissent caricaturaux, mais ils décrivent des situations très réelles d’organismes qui ont laissé leurs activités déborder de leur cadre fondateur sans le réaliser.

Un bailleur sérieux vérifie cette concordance. Pas systématiquement, pas à chaque demande, mais à des moments charnières — première relation avec votre organisme, projet structurant, demande de financement à la mission. À ces moments-là, il consulte le Registraire des entreprises du Québec (REQ), examine vos lettres patentes, et compare ce qu’elles disent à ce que votre projet propose. Une dissonance peut suffire à compromettre votre admissibilité.

Ce que ça change pour vous : sortez vos lettres patentes ce trimestre. Lisez attentivement l’objet social tel qu’il est rédigé. Notez les éléments précis qu’il définit : public cible, secteur d’intervention, territoire, type d’activités. Comparez ce document à ce que votre organisme fait réellement aujourd’hui. La distance que vous observerez vous donne la mesure exacte du travail de mise à jour qui pourrait s’imposer.

Vos quatre frontières légales définies par vos lettres patentes
Vos quatre frontières légales : public, secteur, territoire, activités — à vérifier dès aujourd’hui.

L’objet social comme premier filtre d’admissibilité

Avant même de réfléchir à votre stratégie de financement, à votre cadre logique, à vos indicateurs — avant tout cela —, il y a une question préalable : votre organisme est-il admissible au programme que vous visez ? Cette question, nous l’avons développée dans notre autodiagnostic d’admissibilité, repose en partie sur des éléments techniques (statut juridique, taille, ancienneté), mais elle repose aussi, et de manière souvent négligée, sur la concordance entre votre objet social et l’objet du programme.

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Beaucoup de programmes québécois précisent dans leur guide du demandeur les types d’organismes admissibles. Certains formulent cela par grande catégorie (organismes communautaires en santé et services sociaux, organismes jeunesse, organismes culturels). D’autres exigent une concordance plus fine, en demandant explicitement que l’objet social inscrit aux lettres patentes corresponde à la nature des activités financées. Dans tous les cas, le filtre passe par votre document fondateur.

Cette logique vous donne un outil de tri puissant. Avant d’engager du temps dans la conception d’une demande, vérifiez la concordance entre vos lettres patentes et le programme. Si l’objet du programme est manifestement hors de votre objet social, vous pouvez archiver l’idée — ou décider d’engager une modification de vos lettres patentes, qui devient alors un préalable stratégique à la demande. Dans les deux cas, vous prenez la décision en connaissance de cause, plutôt que de découvrir le problème au moment du dépôt.

Ce que ça change pour vous : intégrez cette vérification à votre processus de réflexion sur les nouvelles opportunités. Quelques minutes pour ouvrir vos lettres patentes et confirmer que l’objet du programme s’y inscrit raisonnablement vous évitent des dizaines d’heures investies dans un dossier qui n’aurait pas dû partir.

La dérive silencieuse : comment les organismes sortent de leur cadre

Comprendre comment les organismes en arrivent à dévier de leur objet social aide à éviter le piège. La dérive ne se produit jamais d’un coup. Elle se construit, projet par projet, par une accumulation de petits débordements qui, pris individuellement, paraissaient justifiés.

Le premier mécanisme est la réponse à une opportunité. Un bailleur lance un appel de projets sur un sujet adjacent à votre mission. Vous voyez la possibilité d’obtenir un financement intéressant, vous montez un dossier, vous l’obtenez. Le projet réussit. Il devient récurrent. Au bout de cinq ans, ce projet adjacent représente une part importante de votre activité — et il s’est progressivement éloigné de votre objet social initial.

Le deuxième mécanisme est l’évolution du milieu. Le contexte communautaire se transforme, vos publics évoluent, de nouveaux besoins apparaissent. Vous répondez à ces besoins parce qu’ils sont réels et que personne d’autre ne s’en occupe. Cette réponse, légitime sur le plan de la mission vivante, peut sortir progressivement du cadre formel de votre incorporation.

Le troisième mécanisme est la pression du conseil d’administration ou de l’équipe. Une administratrice particulièrement engagée sur un dossier convainc le CA de l’ajouter au plan d’action. Une employée porte une nouvelle initiative qui correspond à ses compétences. Ces apports enrichissent l’organisme, mais peuvent étirer le périmètre légal au-delà de ce que les lettres patentes prévoyaient.

Aucun de ces mécanismes n’est pathologique. Ils décrivent la vie normale d’un organisme dynamique. Le problème n’est pas leur existence — il est l’absence de relecture périodique du document fondateur à la lumière de cette évolution. Sans cette relecture, la dérive s’accumule jusqu’au moment où elle se révèle dans une situation problématique.

Ce que ça change pour vous : prévoyez une relecture annuelle de vos lettres patentes par votre conseil d’administration, dans le cadre de la planification stratégique. Cette relecture courte vous donne la possibilité d’identifier la dérive avant qu’elle ne devienne un obstacle.

Trois mécanismes par lesquels l'organisme dérive de son objet social
Comment la dérive s’installe sans bruit : opportunité, évolution du milieu, pression interne.

Quand modifier ses lettres patentes — et quand s’en abstenir

Constater qu’on s’est éloigné de son objet social ne conduit pas automatiquement à modifier ses lettres patentes. Cette décision est plus stratégique qu’administrative, et mérite une réflexion sur trois angles complémentaires.

D’abord, l’ampleur de l’écart. Si vos activités actuelles débordent légèrement, sur un volet périphérique, vos lettres patentes restent globalement représentatives de ce que fait l’organisme. Une modification peut être prématurée. Si l’écart est substantiel — par exemple, vous êtes constitué pour œuvrer auprès des jeunes mais 40 pour cent de votre activité se fait désormais auprès des aînés —, la modification devient une question de cohérence formelle avec votre réalité.

Ensuite, la stabilité de l’évolution. Si le débordement est lié à un projet ponctuel qui se terminera dans deux ans, la modification serait disproportionnée. Si l’évolution reflète un repositionnement durable de l’organisme, la modification accompagne cette transformation.

Enfin, l’enjeu d’admissibilité aux financements. Si l’écart actuel commence à compromettre votre capacité à obtenir des financements pour des projets qui correspondent à votre nouvelle réalité, la modification devient une nécessité stratégique. Si vos lettres patentes vous permettent encore d’opérer dans la sphère où vous voulez aller, vous pouvez attendre.

La modification elle-même n’est pas anodine. Elle implique une résolution du conseil d’administration, une démarche auprès du Registraire des entreprises du Québec, des frais administratifs modestes, et un délai de quelques semaines à quelques mois. Sa procédure exacte est documentée dans notre article sur la création d’un OBNL et la rédaction de ses lettres patentes. Mais elle n’est pas d’une complexité insurmontable — beaucoup d’organismes la repoussent par crainte de la procédure alors qu’elle se gère en quelques séances de travail.

Ce que ça change pour vous : ne modifiez pas vos lettres patentes par réflexe — modifiez-les après avoir évalué les trois angles ci-dessus. Et si la modification s’impose, ne la repoussez pas indéfiniment : elle est moins coûteuse à faire au moment où on l’identifie qu’à un moment où elle bloque une opportunité urgente.

La formulation juste : ni trop étroite, ni trop large

Au moment de rédiger ou de modifier un objet social, deux écueils symétriques guettent. Le premier est la formulation trop étroite, qui ancre l’organisme dans un cadre si précis que la moindre évolution naturelle déborde et nécessite une nouvelle modification. Le second est la formulation trop large, qui dilue la mission au point que rien ne distingue vraiment cet organisme d’un autre et que l’objet ne joue plus son rôle de cadre.

La bonne formulation tient un équilibre. Elle nomme les éléments essentiels — public, secteur, intention transformative, territoire si pertinent — sans descendre dans le détail des activités spécifiques. Au lieu de « organiser des ateliers d’alphabétisation pour les femmes adultes du quartier X », une formulation plus durable serait « favoriser l’inclusion sociale des femmes adultes par des activités éducatives et de soutien ». La première vous enferme dans un format ; la seconde vous donne la latitude d’évoluer dans les méthodes sans sortir du cadre.

Cette nuance vaut aussi pour le territoire. Un objet social qui mentionne « le quartier X » vous interdit légalement d’intervenir dans le quartier voisin, même si vos publics y migrent. Un objet qui mentionne « la grande région de Y » vous donne une marge de manœuvre raisonnable. Au-delà encore, « le Québec » est très large, mais peut être justifié si votre vocation est réellement nationale.

Ce que ça change pour vous : quand vous relisez vos lettres patentes, examinez la formulation à l’aune de ces deux écueils. Si votre objet est trop étroit, vous êtes condamné à le modifier régulièrement — c’est un signal qu’il faudrait l’élargir lors de la prochaine modification. Si votre objet est trop large, il ne vous protège plus contre la dilution — c’est un signal qu’il faudrait le préciser. Cette analyse est utile bien avant qu’une démarche formelle ne soit engagée.

La double vérification avant chaque demande de subvention
La double vérification : opportunité ET concordance avec l’objet social — quelques minutes qui sauvent des semaines.

Lettres patentes et choix de programmes : la cohérence stratégique

Une fois que vous comprenez vos lettres patentes comme un cadre vivant, elles deviennent un outil de réflexion stratégique sur le choix des programmes auxquels vous postulez. Pour chaque nouvelle opportunité, posez deux questions au lieu d’une.

La première question, classique, est : « ce programme correspond-il à un besoin auquel notre organisme veut répondre ? ». C’est la question de l’opportunité — celle que tous les organismes se posent.

La deuxième question, plus négligée, est : « ce programme s’inscrit-il dans notre objet social actuel, ou m’oblige-t-il à élargir ce qui définit légalement l’organisme ? ». Cette question oriente la décision autrement. Si la réponse est claire — le programme s’inscrit dans l’objet —, vous pouvez avancer sans préoccupation supplémentaire. Si la réponse est ambiguë — le programme déborde légèrement, mais reste défendable comme prolongement —, vous prenez la décision en connaissance de cause. Si la réponse est négative — le programme exige une activité hors de votre objet —, vous arbitrez entre renoncer au programme ou engager une modification.

Cette discipline construit, sur la durée, une cohérence entre la trajectoire formelle de votre organisme et son évolution réelle. Et c’est exactement ce que cherchent à voir les bailleurs structurants — un organisme qui sait où il va, dont la croissance n’est pas opportuniste mais réfléchie. Nous avons développé cette dimension dans notre article sur le choix du bon programme pour un nouveau projet.

Ce que ça change pour vous : avant chaque nouvelle demande importante, faites cette double vérification. Quelques minutes d’examen de la concordance entre programme et objet social vous évitent l’inconfort de défendre, plus tard, un projet qui ne s’inscrit pas vraiment dans votre cadre.

Les conséquences fiscales et administratives d’un débordement

Au-delà du seul filtre d’admissibilité aux financements, sortir de son objet social a d’autres conséquences potentielles qu’il vaut mieux nommer. Sur le plan fiscal, certains statuts privilégiés — notamment le statut d’organisme de bienfaisance enregistré auprès de l’Agence du revenu du Canada, qui permet d’émettre des reçus officiels de don — exigent une concordance stricte entre les activités menées et l’objet social déclaré. Une dérive significative peut, à terme, mettre en question ce statut.

Sur le plan administratif, le Registraire des entreprises du Québec demande, à intervalles réguliers, une déclaration de mise à jour qui inclut l’activité économique de l’organisme. Une activité réelle qui s’éloigne durablement de l’objet déclaré peut être notée, sans toujours entraîner de conséquence immédiate, mais en construisant un historique qui peut peser à long terme.

Sur le plan de la gouvernance, enfin, un débordement persistant pose une question au conseil d’administration : porte-t-il sa responsabilité sur des activités qui ne correspondent plus formellement au mandat de l’organisme ? Cette question juridique a une dimension d’éthique professionnelle pour les administrateurs, qui doivent s’assurer que ce qui se fait au nom de l’organisme reste dans les limites de ce qui a été légalement autorisé.

Ces conséquences ne sont pas systématiques, et leur probabilité dépend de l’ampleur de la dérive et de la visibilité de l’organisme. Mais elles existent. Les ignorer, c’est s’exposer à des situations désagréables qui auraient pu être évitées par une mise à jour préventive.

Ce que ça change pour vous : considérez les lettres patentes non comme un seul filtre d’admissibilité aux subventions, mais comme un cadre légal global qui touche votre fiscalité, votre conformité administrative et votre gouvernance. Cette vue plus complète justifie l’attention que cet article propose de leur donner.

Quand le cadre vous protège plutôt qu’il ne vous contraint

Il y a une dernière lecture des lettres patentes qu’il est utile de partager : elles ne sont pas seulement une contrainte. Elles sont aussi une protection. Quand vous refusez un projet parce qu’il sort de votre objet social, vous protégez l’organisme de la dispersion qui l’épuiserait. Quand vous orientez un bailleur vers un autre organisme dont l’objet correspond mieux, vous renforcez la cohérence de votre écosystème. Quand vous résistez à la pression de prendre tous les projets qui se présentent, vous préservez votre capacité à bien faire ce que vous savez bien faire.

Cette lecture transforme le rapport au document. Vos lettres patentes ne sont plus une formalité à respecter, mais un allié qui vous aide à dire non — y compris à des opportunités qui paraîtraient intéressantes en l’absence de cadre. Cette fonction, vous l’apprécierez d’autant plus dans les moments où l’organisme subit la tentation d’élargir son périmètre sans cohérence stratégique. Cette logique rejoint celle de la cohérence du cadre logique que nous avons développée précédemment : un organisme qui sait ce qu’il fait et ce qu’il ne fait pas est plus solide qu’un organisme qui prend tout ce qui se présente.

Ce que ça change pour vous : quand une opportunité vous tente mais qu’elle déborde clairement de votre objet, ne voyez pas vos lettres patentes comme un obstacle à contourner. Voyez-les comme une raison légitime de dire non — et cette raison, vous pouvez l’exprimer auprès des partenaires sans gêne, comme une marque de rigueur plutôt que de timidité.

Quand cette lecture ne suffit pas

Les lettres patentes sont un cadre fondamental, mais elles ne règlent pas toutes les questions de cohérence stratégique. Si votre organisme connaît une transformation profonde — fusion, scission, repositionnement majeur —, la simple modification de l’objet social ne couvrira pas l’ensemble de la démarche. Vous aurez besoin d’un accompagnement plus complet, qui peut inclure des dimensions juridiques, fiscales et stratégiques.

De même, si vous constatez que vos lettres patentes ne reflètent plus du tout votre activité réelle, la question dépasse la mise à jour technique : elle pose la question de l’identité de votre organisme. Cette question mérite une réflexion approfondie avec votre conseil d’administration et, idéalement, avec un regard extérieur qui peut vous aider à formuler ce que vous êtes devenus, au-delà de ce que vous croyiez être.

Enfin, certaines situations très spécifiques — modification de statut juridique d’OBNL à coopérative ou inversement, demande de statut d’organisme de bienfaisance enregistré — relèvent de décisions structurantes qui méritent un avis juridique spécialisé. Notre article sur le choix du statut juridique entre OSBL, OBNL et coopérative peut servir d’introduction à cette réflexion plus large.

Reprendre la main sur votre cadre fondateur

Vos lettres patentes ne sont pas un document poussiéreux. Elles définissent ce que votre organisme peut faire légalement, et donc ce que vous pouvez demander à un bailleur de financer. Reprendre la main sur ce document — le relire, en comprendre les implications, le mettre à jour quand c’est nécessaire — est un geste de gestion stratégique, pas de bureaucratie.

Si la perspective d’auditer la cohérence entre vos lettres patentes et votre activité réelle vous semble exigeante, ou si vous voulez clarifier les implications d’une éventuelle modification, c’est exactement le type de question qu’une conversation de cadrage peut aider à structurer. Pas pour vous rédiger un nouvel objet social, mais pour vous aider à voir comment ce document peut redevenir un allié stratégique dans vos prochaines décisions.

Auditer la cohérence entre vos lettres patentes et votre activité réelle est l’un des actes de gestion stratégique les plus utiles qu’une direction puisse poser. Si vous voulez clarifier les implications d’une éventuelle mise à jour avant de vous engager, c’est exactement ce que permet une conversation de cadrage.

Voir la consultation stratégique

Téléchargez les infographies (référence libre)

Les quatre frontières légales, les trois mécanismes de dérive et la double vérification avant chaque demande — réunis dans un seul PDF, libres de réutilisation pour la prochaine relecture de vos lettres patentes en conseil d’administration.

↓ Télécharger le PDF des infographies

Infographies produites par Subventions OBNL. Réutilisation libre avec mention de la source.

Méthodologie et sources

Cet article s’appuie sur des principes établis du cadre légal québécois des OBNL.

Principes établis. Le statut d’OBNL au Québec est régi principalement par la Loi sur les compagnies, partie III, qui définit les modalités d’incorporation des personnes morales sans but lucratif. Les lettres patentes constituent l’acte fondateur d’un OBNL et comportent obligatoirement la mention de son objet social. Le Registraire des entreprises du Québec (REQ) tient le registre public où ces documents sont accessibles. Toute modification de l’objet social nécessite une résolution du conseil d’administration et une démarche formelle auprès du REQ. Le statut d’organisme de bienfaisance enregistré, distinct de l’incorporation OBNL, est administré par l’Agence du revenu du Canada et exige une concordance stricte entre les activités déclarées et celles effectivement menées.

Ordres de grandeur indicatifs. Les exemples cités (dérive vers les aînés alors que l’objet vise la jeunesse, intervention hors territoire déclaré) sont des illustrations pédagogiques qui ne correspondent pas à des cas spécifiques. Les coûts et délais d’une modification de lettres patentes varient selon la complexité de la démarche et le recours éventuel à un conseil juridique ; ils restent dans tous les cas modestes par rapport aux enjeux d’admissibilité aux financements. Pour la procédure exacte applicable à votre situation, le site du Registraire des entreprises du Québec reste la source de référence.

Infographies produites par Subventions OBNL. Réutilisation libre avec mention de la source.

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Adama Diop
Adama Diop

Fondateur de Subventions OBNL, j’accompagne depuis plus de 15 ans les organismes à but non lucratif québécois dans leurs démarches de financement. Spécialisé en subventions municipales, provinciales, fédérales et philanthropiques, j’œuvre à transformer les besoins du terrain en projets structurés, crédibles et porteurs d’impact. Mon approche repose sur une connaissance fine du milieu communautaire, une qualité rédactionnelle structurée, une rigueur documentaire constante et une vision stratégique au service de nos collectivités.

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