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Votre conseil d’administration peine à recruter et vous craignez de ne plus atteindre le quorum ? La pénurie de bénévoles OBNL frappe d’abord les instances de gouvernance, là où siègent des administratrices et administrateurs déjà sollicités de toutes parts. Cet article fait le point sur les chiffres récents, décortique les causes réelles de l’essoufflement et propose cinq leviers concrets pour renouveler votre CA — sans céder à la course de dernière minute avant l’assemblée générale.
Contexte et enjeux pour les OBNL québécois
Le bénévolat demeure le moteur du secteur communautaire. On estime à quelque 50 000 le nombre d’OBNL actifs au Québec, animés par plus de 380 000 administratrices et administrateurs, en très grande majorité bénévoles, selon ESPACE OBNL. Derrière ces ordres de grandeur se cache une réalité que beaucoup de directions générales vivent au quotidien : les mêmes personnes cumulent plusieurs mandats et la relève tarde à se présenter.
Pour un conseil d’administration, la difficulté n’est pas seulement de trouver « des bénévoles ». C’est de recruter des personnes prêtes à assumer une responsabilité légale, à lire des états financiers, à voter des décisions et à s’enga�er sur deux ou trois ans. Le bassin se resserre à mesure que les exigences perçues du rôle augmentent.
Pénurie de bénévoles OBNL : ce que révèlent les chiffres de 2025
Le Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ) a publié en 2025 son Portrait des bénévoles et du bénévolat au Québec, fondé sur un sondage mené dans les 17 régions administratives. Un chiffre parle directement aux CA : 23 % des personnes bénévoles déclarent participer à une instance comme un conseil d’administration. La gouvernance mobilise donc déjà près d’un bénévole sur quatre — mais ce sont souvent les mandats les plus exigeants et les plus longs à pourvoir.
La pénurie de bénévoles OBNL ne se traduit pas par une absence totale de volontaires, mais par un déséquilibre. Beaucoup de personnes acceptent une tâche ponctuelle — un événement, une collecte, une distribution — alors que peu se projettent dans un engagement de gouvernance. Pour un CA, cette nuance change tout : recruter un trésorier n’a rien à voir avec mobiliser un bénévole d’un jour.
Pourquoi votre conseil d’administration peine à recruter
Plusieurs facteurs se conjuguent, et rares sont les organismes qui n’en reconnaissent aucun :
- La charge se concentre. Trois ou quatre administrateurs portent l’essentiel du travail, ce qui décourage les personnes qui craignent d’hériter d’un mandat sans fin.
- Le rôle fait peur. La responsabilité légale d’un administrateur reste mal comprise, ce qui alimente l’idée qu’il faut être comptable ou avocat pour siéger.
- Le recrutement est improvisé. Sans processus continu, on se rabat sur le carnet d’adresses des membres actuels — un réseau souvent homogène et déjà épuisé.
- L’accueil est négligé. Une recrue laissée sans intégration se démobilise vite, et le siège redevient vacant en un an.
💡 Bon à savoir — Si votre conseil n’atteint plus le quorum, il ne peut plus coopter valablement de nouveaux administrateurs : ce sont alors les membres de l’organisme, réunis en assemblée, qui élisent les personnes manquantes. Anticiper ce scénario dans vos règlements généraux évite la paralysie décisionnelle.
Cinq leviers concrets pour renouveler votre CA
Renouveler un conseil ne relève pas de la chance. Les organismes qui y parviennent appliquent, souvent sans le nommer, une démarche structurée. Voici cinq leviers éprouvés.
Levier 1 — Cartographier les compétences avant de recruter
Avant de chercher « quelqu’un », dressez la liste des compétences déjà présentes au CA et de celles qui manquent : comptabilité, droit, communication, connaissance du milieu, lien avec les communautés desservies. Vous recruterez alors pour combler un vide précis, pas pour remplir un siège avec le premier contact disponible.
Levier 2 — Élargir le bassin au-delà du réseau habituel
Le réseau immédiat des membres s’épuise vite. Regardez du côté des ancien·nes participant·es, des partenaires, des jeunes professionnel·les en quête d’expérience de gouvernance et des plateformes de jumelage bénévole. Vous pouvez vous appuyer sur des méthodes éprouvées pour recruter et mobiliser des bénévoles dans un cadre clair et sécurisant.
Levier 3 — Confier le recrutement à un comité de gouvernance
Un comité de gouvernance et de mise en candidature transforme le recrutement en processus continu plutôt qu’en sprint annuel. Sa mission : repérer les profils, approcher les personnes tout au long de l’année et préparer les candidatures présentées à l’assemblée générale.
Levier 4 — Alléger et découper les mandats
Beaucoup de bénévoles hésitent devant un engagement perçu comme total. En créant des sous-comités, des mandats ponctuels et des rôles de bénévolat de compétence, vous abaissez la barrière d’entrée. Une personne qui contribue trois heures par mois à un comité devient souvent l’administratrice de demain.
Levier 5 — Soigner l’accueil et préparer la relève
L’intégration fait la différence entre une recrue qui reste et une qui s’efface. Prévoyez un accueil, un jumelage avec un administrateur d’expérience et un plan de relève formalisé. Clarifier le rôle et les responsabilités du conseil d’administration dès le premier jour rassure les nouvelles personnes et réduit leur crainte de mal faire.
⚐️ Erreur fréquente — Attendre l’assemblée générale annuelle pour chercher des administrateurs. Repérer, approcher et accompagner une personne prend des mois. Un CA qui recrute seulement à la dernière minute se condamne à combler des sièges au lieu de choisir des profils adaptés à ses besoins.
Suivre le renouvellement : indicateurs et reddition de comptes
Ce qui se mesure se pilote. Quelques indicateurs simples éclairent la santé de votre gouvernance : taux de renouvellement des administrateurs, taux de présence aux réunions, durée moyenne des mandats et nombre de sièges vacants. Suivis sur deux ou trois ans, ils révèlent une fragilité bien avant la crise de quorum.
Cet enjeu dépasse la vie interne de l’organisme. La pénurie de bénévoles OBNL devient un risque que les bailleurs de fonds savent lire dans un conseil incomplet ou instable : une gouvernance solide reste l’un des premiers critères examinés au moment d’analyser une demande de financement. Documenter votre démarche de renouvellement, c’est aussi renforcer votre crédibilité auprès d’eux.
Un scénario concret
Prenons un organisme de quartier dont le CA compte sept sièges, mais n’en pourvoit plus que quatre. Deux administrateurs songent à partir, épuisés. Plutôt que de lancer un appel généraliste « nous cherchons des bénévoles », le conseil dresse sa matrice de compétences : il lui manque une expertise comptable et un lien avec les familles nouvellement arrivées dans le quartier. Le comité de gouvernance approche une comptable à la retraite rencontrée lors d’un événement et une intervenante d’un organisme partenaire. Les deux acceptent d’abord un mandat de comité, puis se présentent au CA l’année suivante. En dix-huit mois, le conseil est complet, et surtout mieux outillé qu’avant.
Boîte à outils : checklist et modèle express
Pour passer de l’intention à l’action, deux repères concrets. D’abord, une checklist minimale avant toute campagne de recrutement : cartographier les compétences manquantes, rédiger une description de rôle claire, définir la durée du mandat, préparer un accueil. Ensuite, un modèle de matrice à remplir en équipe.
📋 Modèle express — Matrice de compétences du CA
- Compétence recherchée : ___ (ex. comptabilité, droit, communication)
- Déjà présente au CA ? : oui / non
- Priorité (1 à 3) : ___
- Personne pressentie : ___
- Prochaine étape et échéance : ___
À retenir
- Recruter selon les besoins, pas selon les contacts : une matrice de compétences oriente la recherche vers les vrais trous du conseil.
- Faire du recrutement un processus continu : un comité de gouvernance qui travaille toute l’année évite la panique avant l’AGA.
- Anticiper plutôt que subir la pénurie de bénévoles OBNL : suivre quelques indicateurs simples permet d’agir avant la crise de quorum, y compris en décidant, en toute lucidité, de réduire la taille du CA si c’est le choix le plus sain.
Questions fréquentes
Combien d’administrateurs faut-il au minimum pour un OBNL au Québec ?
Trois. La loi impose un minimum de trois administrateurs pour un OBNL québécois. Rien n’empêche d’en prévoir davantage dans vos règlements généraux, mais en deçà de trois, le conseil ne peut plus être valablement constitué ni prendre de décisions au nom de l’organisme. Beaucoup d’organismes fixent un nombre impair (cinq, sept, neuf) pour faciliter les votes et absorber les départs sans tomber sous le seuil légal.
Que faire si notre CA n’atteint plus le quorum ?
Convoquez les membres. Sans quorum, le conseil ne peut plus coopter d’administrateurs : ce sont les membres réunis en assemblée qui élisent les personnes manquantes. C’est la voie prévue pour éviter la paralysie et remettre le conseil en état de décider. Vérifiez au passage ce que prévoient vos règlements généraux sur le quorum et les vacances, car ils peuvent préciser la marche à suivre.
Peut-on recruter des administrateurs qui ne sont pas déjà membres ?
Oui, dans la plupart des cas. Les règlements généraux de nombreux OBNL permettent d’élire des administrateurs venus de l’extérieur du membership, ce qui élargit considérablement le bassin de recrutement. Il faut toutefois vérifier vos propres règlements, car certains réservent les sièges aux membres. Ouvrir le conseil à des profils externes aide souvent à combler un manque de compétences précis.
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