Inclusion · Immigration

Mobiliser 420 000 $ sur 2 ans en articulant IRCC, MIFI et soutien municipal pour un OBNL d’accueil et d’intégration

Un OBNL d’intégration des personnes immigrantes installé dans une ville de la couronne nord de Montréal a reconstruit son architecture de financement autour des programmes fédéraux et provinciaux renouvelés en 2023-2024 — et décroché un cofinancement à trois bailleurs sur deux ans.

Contexte

L’organisme est un OBNL d’accueil et d’intégration des personnes immigrantes actif depuis une dizaine d’années dans une ville de la couronne nord de la Communauté métropolitaine de Montréal, où près de 28 % de la population est née à l’étranger et où les arrivées annuelles ont plus que doublé depuis 2020. Son offre combine francisation communautaire, accompagnement à l’emploi, médiation familiale interculturelle et activités d’intégration sociale pour les nouveaux arrivants des trois premières années.

Le budget annuel de l’organisme tournait autour de 520 000 $, construit autour d’une entente IRCC de deuxième génération signée en 2019 (Établissement — cours de langue et orientation), d’une contribution MIFI projet reconduite annuellement, et d’une enveloppe municipale modeste. L’arrivée massive de nouveaux dossiers depuis 2022 saturait la capacité d’accueil, alors même que les programmes fédéraux et provinciaux avaient été profondément remaniés en 2023-2024 — avec des critères d’admissibilité, des cadres logiques et des exigences de reddition qui n’étaient plus ceux que maîtrisait l’équipe.

Défi

Trois verrous ralentissaient la consolidation :

  1. Une lecture obsolète du paysage fédéral en immigration. IRCC avait restructuré ses programmes d’Établissement et ses appels de Renouvellement des interventions en services d’installation (RISI) entre 2023 et 2024, avec des exigences renforcées sur la démonstration d’impact à 6, 12 et 24 mois. L’équipe rédigeait encore avec les critères de 2019.
  2. Un dialogue insuffisant entre les programmes MIFI et IRCC. Les deux paliers financent des volets complémentaires en francisation, accompagnement et intégration, mais exigent des dossiers alignés entre eux — sans dédoublement de financement ni de reddition. Ce dialogue n’avait jamais été orchestré côté interne.
  3. Absence d’arrimage formel avec les acteurs institutionnels du territoire. Bureau d’intégration municipal, commission scolaire, CIUSSS (volet santé mentale interculturelle), chambre de commerce pour le volet employabilité : autant de partenariats de terrain non formalisés par écrit, donc invisibles aux analystes des bailleurs publics.

La contrainte de rythme : la fenêtre principale de dépôt IRCC fermait dans douze semaines, avec un cycle d’évaluation de six à neuf mois avant acceptation.

Intervention Subventions OBNL

Accompagnement sur dix mois en quatre phases.

1. Audit diagnostic et cartographie (mois 1)

Lecture des nouveaux cadres IRCC (Établissement 2024-2029), MIFI (Programme d’appui aux collectivités — volets francisation et intégration), et du plan municipal en vivre-ensemble. Identification des trois sources principales à mobiliser et des trois partenariats à formaliser avant le dépôt.

2. Repositionnement narratif et mobilisation partenariale (mois 2-4)

Reformulation de la mission dans le vocabulaire des cadres 2024 — trajectoire d’intégration sur 24 mois plutôt que catalogue de services. Signature formelle de trois ententes : protocole de co-référencement avec le Bureau d’intégration municipal, entente de collaboration clinique avec l’équipe santé mentale interculturelle du CIUSSS, partenariat employabilité avec la chambre de commerce locale. Construction d’un tableau d’indicateurs communs aux trois bailleurs (francisation mesurée CLBA, taux d’insertion en emploi à 12 mois, participation aux activités d’intégration).

3. Rédaction différenciée (mois 5-8)

Trois dossiers construits sur la même trajectoire de bénéficiaire mais avec des ventilations budgétaires et des angles distincts : IRCC sur l’Établissement (langue et orientation socio-professionnelle), MIFI sur la francisation communautaire et l’intégration des familles, Ville sur le volet vie citoyenne et cohésion sociale. Rédaction d’une annexe d’évaluation commune aux trois dépôts pour éviter toute apparence de dédoublement.

4. Dépôts, suivi et négociation (mois 9-10 et au-delà)

Dépôt IRCC en premier, puis MIFI avec l’accusé de dépôt fédéral en pièce d’appui, puis Ville avec les deux accusés provinciaux et fédéraux comme signal de cofinancement. Réponses à six demandes de précisions cumulées entre les trois bailleurs. Obtention des trois ententes sur une période échelonnée de cinq mois.

Résultats chiffrés

Enveloppe totale mobilisée 420 000 $ sur 2 ans
Détail des sources IRCC Établissement : 250 000 $ · MIFI PAC (francisation + intégration) : 120 000 $ · Ville (vivre-ensemble) : 50 000 $
Bénéficiaires rejoints 680 personnes immigrantes accompagnées sur 24 mois (contre 310 en année de référence)
Trajectoires évaluées à 12 mois 71 % des bénéficiaires évalués atteignent le CLBA niveau 4 en francisation · 58 % en emploi ou formation qualifiante à 12 mois
Équipe consolidée +3 postes stabilisés : une intervenante en employabilité, une agente de francisation communautaire, une travailleuse de milieu interculturelle
Effet structurant Protocole de co-référencement avec le CIUSSS et le Bureau d’intégration municipal désormais signé et actif

Apprentissages transférables

  • Le paysage IRCC a profondément changé depuis 2023. Ne rédigez plus avec les critères de l’entente précédente. Les cadres Établissement 2024-2029 et les RISI valorisent désormais la démonstration de trajectoire sur 24 mois, pas seulement la comptabilisation d’actes.
  • En intégration, le dialogue MIFI-IRCC est indispensable. Les deux programmes se complètent mais exigent une architecture de dossier cohérente pour éviter le soupçon de dédoublement. Un seul cadre logique, trois ventilations.
  • Les municipalités ont des budgets dédiés au vivre-ensemble souvent méconnus. Les volets vie citoyenne, cohésion sociale, accueil des nouveaux arrivants sont rarement publicisés mais bien dotés dans les villes à forte immigration.
  • Les partenaires institutionnels (CIUSSS, commissions scolaires, chambre de commerce) sont des signaux de crédibilité autant que des ressources de terrain. Une entente formalisée pèse plus qu’une lettre d’appui.
  • L’impact en intégration se mesure en trajectoires, pas en actes. 40 ateliers de francisation livrés ne convainquent pas un analyste IRCC. 71 % de bénéficiaires atteignant le CLBA 4 en 12 mois, oui.

« Ce qui m’a frappée, c’est l’annexe d’évaluation commune aux trois bailleurs. On ne savait même pas qu’on pouvait structurer un dépôt comme ça — un seul cadre logique, trois dossiers cohérents. Ça a éliminé le soupçon de dédoublement que nos demandes précédentes pouvaient créer. »

Direction générale · OBNL d’intégration · Couronne nord de Montréal

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