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Les formulations qui font la différence dans une demande de financement

par Gestionnaire
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Pour les chargé·es de projet et directeurs généraux d’OBNL qui rédigent régulièrement des demandes de financement, le choix des mots n’est pas une question de style : c’est une question de crédibilité et de résultats. Voici les formulations qui convainquent — et celles qui nuisent.

Ce que les agents évaluateurs repèrent immédiatement

Un agent évaluateur lit des dizaines de demandes par cycle. Il cherche trois choses : la clarté du besoin, la faisabilité du projet et la rigueur de l’organisme. Une formulation floue ou générique signale un projet mal structuré — même si le projet lui-même est solide.

Ce qui agace immédiatement : des verbes mous comme sensibiliser, contribuer ou favoriser, sans suite concrète. Des affirmations non étayées : « 80 % de nos participants améliorent leur situation » sans méthode de collecte. Des objectifs en vœux pieux : « nous souhaitons avoir un impact positif sur les familles vulnérables ».

Ce qui rassure : un engagement formulé avec une cible mesurable et un horizon temporel — « former 45 bénévoles d’ici mars 2027 » — et une cohérence directe entre le problème décrit, les activités planifiées et les résultats attendus.

Formulations à adopter — et expressions à éliminer

  • Dire : « Notre organisme intervient auprès de 320 participants par année dans Parc-Extension » → ancré, précis, vérifiable.
  • Dire : « Le projet permettra de former 12 intervenant·es selon une approche validée avec [partenaire] » → crédible et partageable.
  • Dire : « À l’issue du projet, nous produirons un rapport d’évaluation incluant indicateurs quantitatifs et qualitatifs » → rigueur démontrée.
  • Éviter : « Nous croyons fermement que ce projet changera les choses » → l’évaluateur veut des preuves, pas des convictions.
  • Éviter : « Ce projet s’inscrit dans une démarche globale de… » → formule creuse qui n’apporte aucune information.
  • Éviter : « Nous ferons de notre mieux pour atteindre nos objectifs » → ne jamais formuler un objectif comme une intention.

💡 Bon à savoir — Le verbe mobiliser est actuellement très valorisé par SACAIS, le MSSS et plusieurs fondations québécoises. Il signale une capacité à faire participer les personnes concernées — pas seulement à les servir passivement. À condition qu’il soit suivi d’une explication concrète : mobiliser qui, dans quel cadre, pour quel rôle précis.

Adapter son vocabulaire selon le bailleur de fonds

Un même projet peut s’exprimer différemment selon l’interlocuteur. Ce n’est pas de la manipulation — c’est de la pertinence institutionnelle.

Vers un bailleur gouvernemental (MSSS, MAMH, SAA) : utiliser leur terminologie propre — reddition de comptes, plan d’action, indicateurs de suivi, résultats mesurables. Reprendre mot pour mot les expressions du guide du demandeur : les agents reconnaissent leur propre langage.

Vers une fondation privée (Fondation du Grand Montréal, Fondation Lucie et André Chagnon) : mettre en avant l’impact transformateur, la participation citoyenne et le lien direct avec leurs priorités thématiques. Consulter leur rapport annuel avant de rédiger.

Vers un programme fédéral (EDSC, Patrimoine canadien) : structurer les résultats en trois niveaux — immédiats, intermédiaires, à long terme — selon la logique de programme fédérale. Intégrer les dimensions inclusivité et diversité si pertinent.

À retenir

  • Verbes d’action précis : privilégier déployer, former, accompagner, documenter, mobiliser sur des verbes vagues comme sensibiliser ou contribuer.
  • Résultats chiffrés et datés : toujours associer un indicateur mesurable et un horizon temporel réaliste à chaque objectif énoncé.
  • Miroir du bailleur : lire le guide du demandeur de bout en bout et reprendre ses mots-clés — chaque programme a son vocabulaire propre que les évaluateurs repèrent.
  • Engagements, pas intentions : formuler chaque objectif comme un résultat attendu avec un responsable et un moyen de vérification, jamais comme une aspiration.

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