Pour les responsables de développement et directeurs généraux d’OBNL québécois qui sollicitent des programmes fédéraux. Les agents évaluateurs fédéraux (EDSC, Patrimoine canadien) ne posent pas des questions aléatoires. Ils suivent des grilles d’évaluation standardisées. Connaître ces questions à l’avance vous permet de préparer vos réponses — et de les anticiper dans votre dossier.
Question 1 : « En quoi votre projet diffère-t-il de ce qui existe déjà ? »
Cette question explore l’innovation et l’évitement du double emploi. L’agent veut s’assurer que votre projet n’est pas une duplication d’un programme existant déjà financé par son ministère. La réponse attendue identifie précisément deux ou trois éléments distinctifs de votre approche par rapport aux programmes comparables dans votre région. Évitez la modestie : si votre approche est réellement distincte, dites-le clairement et avec des exemples concrets.
Question 2 : « Comment allez-vous mesurer que le projet a réussi ? »
Cette question teste la rigueur de votre cadre d’évaluation. L’agent cherche des indicateurs précis, mesurables et réalistes — pas des généralités (« amélioration du bien-être » sans mesure). La bonne réponse nomme 3 à 5 indicateurs quantifiables (nombre de participants, taux de complétion, changements documentés avant/après), explique comment ils seront collectés et indique qui sera responsable de la collecte.
Question 3 : « Qu’est-ce qui assure la durabilité du projet après la fin du financement ? »
Les bailleurs fédéraux ont appris — souvent à leurs dépens — que les projets qui s’arrêtent à la fin du financement ont peu d’impact durable. Cette question teste votre plan de pérennité. La réponse attendue identifie concrètement : quelles sources de financement prendront le relais (autre bailleur, autofinancement, intégration dans le fonctionnement régulier), quelles activités survivront sans financement externe, et si c’est un projet pilote, quel mécanisme prévoit le passage à l’échelle.
Question 4 : « Qui sont vos partenaires et quel est leur rôle concret ? »
Les agents évaluateurs font la différence entre les partenaires décoratifs (une signature sur une lettre d’appui générique) et les partenaires réels (des organisations qui contribuent activement au projet). La réponse attendue nomme les partenaires, décrit leur contribution concrète (ressources humaines, locaux, accès à la clientèle, expertise), et indique si une entente de partenariat formelle a été conclue. Une lettre d’appui générique sans contribution définie est un signal de faiblesse dans un dossier fédéral.
Question 5 : « Pourquoi votre organisme est-il le mieux placé pour réaliser ce projet ? »
Cette question évalue la capacité organisationnelle. L’agent vérifie que votre équipe a l’expertise, l’expérience et les ressources pour livrer ce que vous promettez. La réponse attendue : expérience antérieure dans des projets similaires (avec résultats documentés), composition de l’équipe de projet (noms, titres, compétences pertinentes), systèmes de gestion en place (comptabilité, suivi de projet). Les organismes qui « ont fait quelque chose de similaire avant et bien géré » ont un avantage structurel.
💡 Bon à savoir — Ces 5 questions peuvent être posées directement lors d’un entretien téléphonique ou de suivi, mais elles sont aussi implicitement présentes dans les formulaires de demande. Relisez votre dossier en vous demandant si chacune de ces 5 questions trouve une réponse claire quelque part dans votre dossier — avant de le soumettre.
À retenir
- Ces 5 questions structurent votre dossier : si chacune trouve une réponse claire, votre dossier est solide.
- L’innovation, l’évaluation et la durabilité sont les 3 critères les plus scrutés.
- Les partenariats concrets valent 10 fois plus que les partenariats nominaux : définissez les contributions de chaque partenaire.
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